Que devient un projet européen une fois ses outils terminés ? Pour qu’ils vivent au-delà du projet, encore faut-il les faire connaître et les partager. C’est tout l’enjeu de l’événement final de diffusion LS4YOU, organisé par la Mission Locale Pays Basque le 15 juin 2026 à Pagolle, petit village de 250 habitants au coeur du Pays basque. Au bar associatif Auzteia, 43 professionnels se sont réunis : des salariés de deux Missions Locales (Pays Basque et TM2O, qui couvre Mourenx, Orthez et Oloron-Sainte-Marie), des formateurs, des professionnels du handicap et de l’inclusion, des partenaires de l’emploi et des acteurs du développement local. Certains avaient contribué au projet dès le départ, la majorité le découvrait. Pensée comme une journée de professionnalisation, la rencontre poursuivait trois objectifs : faire évoluer l’accompagnement des jeunes, outiller les professionnels et créer une dynamique commune sur le territoire.
Innover dans l’accompagnement : partir des forces du jeune
Après l’introduction des directions des deux Missions Locales, Pistes Solidaires a présenté le cadre européen du projet, puis l’équipe de la Mission Locale Pays Basque a retracé sa mise en œuvre et ses résultats.
La rétrospective du projet présentée par Pistes Solidaires et l’équipe de la Mission Locale Pays Basque.
L’innovation proposée par LS4YOU tient d’abord à un changement de regard. Dans le diagnostic partagé, désormais au cœur de l’accompagnement, on repère facilement ce qui freine un jeune. LS4YOU invite aussi à identifier ce qu’il sait déjà faire : gérer son stress, prendre une décision, s’exprimer, mobiliser ses ressources. Les participants y ont vu un moyen de rééquilibrer ce diagnostic et de rendre le jeune plus acteur de son parcours. Un paperboard le résumait en une ligne : valoriser ce que l’on ne valorise pas.
L’après-midi, les outils ont été testés en situation, autour de tables de présentation puis de trois ateliers : découvrir les Life Skills avec un groupe de jeunes, accompagner les jeunes dans l’utilisation de la plateforme, et préparer un objectif concret, comme adopter une posture professionnelle lors d’une visite d’entreprise. Plusieurs usages nouveaux ont émergé, notamment des activités que le jeune réalise seul avant ou après un rendez-vous, puis reprend avec son conseiller.
Professionnaliser : vivre la démarche avant de la transmettre
La journée a commencé par un exercice inhabituel. Avant de tester le moindre outil, les participants ont réalisé en petits groupes un auto-diagnostic de leurs propres pratiques : ce qui fonctionne bien dans leur accompagnement, et ce qui mériterait d’évoluer, au regard des besoins des jeunes puis des attentes institutionnelles.
Présentation du déroulé de la journée devant les 43 participants.
Les murs se sont vite couverts de post-it. D’un côté, l’écoute, la confiance, l’accompagnement personnalisé. De l’autre, des tensions bien connues, comme l’écart entre le rythme des jeunes et les délais des dispositifs. Les professionnels ont ainsi appliqué à eux-mêmes la démarche LS4YOU : partir de ses forces avant de regarder ce qui manque. L’animation de Jérémy Authier (Ethik Up) a installé un cadre sans jugement, propice à l’analyse de pratiques entre pairs.
Tous les répondants au questionnaire d’évaluation ont jugé la journée utile. Jérémy Authier a qualifié LS4YOU de « pépite » : une ressource crédible, transférable et opérationnelle. Les participants ont aussi exprimé des besoins précis pour s’approprier les outils : des activités plus courtes et modulables, des scénarios d’usage explicites, des versions adaptées aux jeunes ayant des difficultés de lecture, de l’anxiété, un handicap ou peu d’aisance avec le numérique, et surtout du temps de formation et d’échange entre pairs.
Animer le territoire : un langage commun entre structures
En réunissant deux Missions Locales et des partenaires du territoire, la journée a aussi permis à des professionnels qui ne travaillent pas toujours ensemble de croiser leurs regards. Les participants ont souligné l’intérêt d’un langage commun autour des compétences de vie pour mieux se coordonner autour d’un même jeune. Ils ont identifié d’autres structures qui pourraient utiliser les outils : services du handicap, instituts médico-éducatifs, accompagnement des bénéficiaires du RSA, associations de jeunesse et organismes de formation.
Photo de groupe, ateliers et échanges au bar associatif Auzteia.
Pour la Mission Locale Pays Basque, cet événement ouvre une seconde phase plutôt qu’il ne clôt le projet. En formant un groupe de professionnels volontaires sur le territoire, l’objectif est de tester, simplifier et adapter les outils, et constituer un réseau d’ambassadeurs capables de faire vivre la démarche dans leurs structures.




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